Après deux années d'absence [...], le principe de Montpensier revint trouver la princesse sa femme, tout couvert de la gloire qu'il avait acquise [...]. Il fut surpris de voir la beauté de cette princesse dans une si grande perfection, et, par le sentiment d'une jalousie qui lui était naturelle, il en eut quelque chagrin, prévoyant bien qu'il ne serait pas seul à la trouver belle.
Madame de La Fayette ( La Princesse de Montpensier )
Mais ce qui afflige le plus mon coeur, ce sont mes femmes. Je nepuis penser à elles que je ne sois dévoré de chagrins. Ce n'est pas, Nessir, que je les aime : je me trouve à cet égard dans une insensibilité qui ne me laisse point de désirs. Dans le nombreux sérail où j'ai vécu, j'ai prévenu l'amour, et l'ai détruit par lui-même : mais, de ma froideur même, il sort une jalousie secrète qui me dévore.
Un mari voit un monsieur qui serre de près sa femme,
Le mari : Dis-lui donc de finir !
La femme : Ah ! dis-lui, toi ! Moi, je ne le connais pas, ce monsieur.
Il avait été amoureux, mais il n'avait jamais été jaloux. Cette passion, qui lui était inconnue, se fit sentir en lui, pour la première fois, avec tant de violence qu'il crut être frappé de quelque douleur que les autres hommes ne connaissaient point.
Ainsi Abel offrait en pure conscience
Sacrifice à Dieu ; Caïn offrait aussi :
L'un offrait un coeur doux, l'autre un coeur endurci ;
L'un fut agréé de Dieu, l'autre agréable :
Caïn grinça des dents, pâlit épouvantable.
Il massacra son frère, et de cet agneau doux
Il fit un sacrifice à son amer courroux...
Honte à toi qui la première
M'as appris la trahison.
Et d'horreur et de colère
M'as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l'oeil sombre,
Dont les funestes amours
Ont enseveli dans l'ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
Peut-être qu'à cette heure même
Que je soupirais en courroux,
Un rival ô malheur extrème,
Se trouvait seul à vos genoux ;
Peut-être il disait : Je vous aime,
Et peut-être l'écoutiez-vous.
Que je ne vous possède jamais si je ne dois avoir dans les bras qu'une femme résignée plutôt que vaincue. Je renonce à la jalousie ; je sacrifie mon amour-propre ; mais je ne puis faire abstraction des droits secrets de mon coeur qur un autre. Vous m'aimez, oui, moins que je ne vous aime sans doute ; mais vous maimez et, sans cela, je n'aurais pas pénétré avec vous dans votre intimité.
La jalousie est en quelque manière juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à conserver un bien qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir ; au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.
Je tremblais que Marthe appartînt à son mari plus qu'elle ne voulait le prétendre. Comme il m'est impossible de comprendre ce que je goûte la première fois, je devais connaître ces jouissances de l'amour chaque jour davantage. En attendant, le faux plaisir m'apportait une vraie douleur d'homme : la jalousie.
Un jour qu'Anne de Boleyn assistait avec toute la cour à des courses de bague que faisait le vicomte de Rochefort, son frère, le roi en fut frappé d'une telle jalousie, qu'il quitta brusquement le spectacle, s'en vint à Londres et laissa ordre d'arrêter la reine, le vicomte de Rochefort et plusieurs autres, qu'il croyait amants ou confidents de cette princesse.
J'ai tout ensemble la jalousie d'un mari et celle d'un amant ; mais il est impossible d'avoir celle d'un mari après un procédé comme le vôtre. Il est trop noble pour ne me pas donner une sûreté entière ; il me console même comme votre amant [...]. Vous me rendez malheureux par la plus grande marque de fidélité que jamais une femme ait donnée à son mari.
Enfin, si je suis las de ce que cent rivaux
Se disputent le prix qu'on doit à mes travaux,
Vous devez l'être aussi de ce qu'on en caquette ?
Votre honneur est en proie aux escrocs, aux filous,
Et si vous excellez en l'art d'être coquette,
Je n'excelle pas moins en l'art d'être jaloux.
Il y a parmi eux des hommes très malheureux que personne ne console : ce sont les maris jaloux ; il y en a que tout le monde hait : ce sont les maris jaloux ; il y en a que tous les hommes méprisent : ce sont encore les maris jaloux.
Amis, vous qui buvez en foule
Le poison de l'amour jaloux,
Mon coeur se brise ; ennivrez-vous,
Puisque la poésie coule !
C'est dans ce calice profond
Que l'infidèle aimait à boire :
Puisqu'au fond reste sa mémoire,
Noble vin, cache-m'en le fond !
Tout m'est indifférent, excepté vous, Alfred, quoi que vous en pensiez. Ce qui est vrai, c'est que depuis lontemps vous vouliez me quitter, seulement vous avez attendu que vous en ayez la force. Aujourd'hui, cette force s'appuie sur je ne sais quoi, peut être une femme qui vous aime et que vous allez aimer !
Ma rivale est ici ; suis-moi sans différer ;
Dans les mains des muets viens la voir expirer ;
Et, libre d'un amour à ta gloire funeste,
Viens m'engager ta foi ; le temps fera le reste.
Ta grâce est à ce prix, si tu veux l'obtenir.
Tantôt, rebelle injuste et jaloux, je la blesse
Et je sens dans mon coeur sourdre la cruauté.
Elle ne comprend pas, et je lui semble infâme.
Oh ! que je serais doux si tu n'étais qu'une âme !
Ce qui me rend méchant, vois-tu, c'est ta beauté.
Oh ! si c'eût été un homme, l'autre ! mais cela ! cela ! Il se sentait enchaîné par leur infamie même. Et il restait là, anéanti, bouleversé. [...] Madeleine murmura " Pauline " et il fut traversé d'une telle douleur qu'il s'enfuit de toutes ses jambes.
La princesse de Navarre lui faisait tous les jours confidence d'une jalousie dont elle était la cause ; cette jalousie la pénétrait de remords, et, quand la princesse de Navarre était contente de son mari, elle-même était pénétrée de jalousie à son tour.