[...] Beaucoup de maris
Qui se vantent de voir fort clair en leurs affaires,
N'y viennent bien souvent qu'après les favoris,
Et, tout savants qu'ils sont,
Ne s'y connaissent guères.
Jean de la Fontaine ( La Fiancée du Roi de Garbe )
Le plus sot endroit où l'on puisse fourrer son museau, c'est une muselière. Les chiens du moins ne le font que de force ; l'homme est assez bête pour le faire de plein gré, le jour où il se marie.
Je me mariai à trente-trois ans et tiens pour favorable le choix de trente-cinq, qu'on dit être d'Aristote. Platon ne veut pas qu'on se marie avant trente ; mais il a raison de se moquer de ceux qui font les oeuvres de mariage après cinquante-cinq...
Elle ne disait plus rien, les yeux baissés, révoltée toujours dans son âme et dans sa chair, devant ce désir incessant de l'époux, n'obéissant qu'avec dégoût, résignée, mais humiliée, voyant là quelque chose de bestial, de dégradant, une saleté enfin.
Elle appartient à la légion des jeunes filles honnêtes " dont on est heureux de faire sa femme " jusqu'au jour où on découvre qu'on préfère justement toutes les autres femmes à celle qu'on a choisie.
Printemps après printemps, de belles fiancées
Suivirent de chers ravisseurs,
Et, par la mère en pleurs sur le seuil embrassées,
Partirent en baisant leurs soeurs.
Attendre quelque temps pour avoir un époux,
Riche, bien fait, galant et doux,
La chose est assez naturelle,
Mais l'attendre cent ans et toujours en dormant,
On ne trouve plus de femelle,
Qui dormit si tranquillement.
Le voile n'est le rempart le plus sûr
Contre l'amour, ni le moins accessible ;
Un bon mari, mieux que grille ni mur,
Y pourvoira, si pouvoir est possible.
Les gens mariés vieillissent plus vite que les célibataires ; c'est l'histoire de la goutte d'eau qui, tombant sans relâche à la même place, finit par creuser le granit le plus dur.